En politique, on parle beaucoup de moteurs, de batteries, de l’essence et de véhicules électriques, mais on parle beaucoup moins des pneus. Pourtant, un pneu influence directement la consommation d’un véhicule, l’autonomie d’un modèle électrique, la sécurité sous la pluie et même la quantité d’énergie nécessaire pour rouler. Ce n’est donc pas étonnant que la Californie s’intéresse maintenant aux pneus de remplacement dans son nouveau programme.
Le but du gouvernement de l’état américain, c’est de faire en sorte qu’un pneu vendu en remplacement soit, en moyenne, au moins aussi efficace que le pneu installé d’origine sur un véhicule neuf. Sur papier, ça me semle plutôt logique. Moins de résistance au roulement, c’est moins d’énergie perdue. Pour un véhicule à essence, cela peut réduire la consommation. Pour un véhicule électrique, cela peut aider l’autonomie. Cependant, est-ce suffisant pour en faire une loi?
Le pneu écoénergétique, oui, mais pas à n’importe quel prix
Le problème, c’est qu’un pneu n’a jamais une seule fonction. Il doit rouler efficacement et garder son adhérence, mais il doit aussi freiner sous la pluie, durer longtemps, rester confortable, résister aux chocs et convenir à notre climat. Au Canada, cette dernière réalité est encore plus importante. Nos routes sont abîmées, nos hivers sont exigeants et les VUS sont nombreux.
C’est pourquoi une réglementation éventuelle, même si elle pourrait un jour avoir du sens, devrait rester relativement prudente. Un pneu très efficace qui s’use trop vite n’est pas automatiquement un progrès. S’il faut le remplacer plus souvent, on perd une partie du gain environnemental. Même chose si le pneu offre moins de choix aux conducteurs ou s’il convient mal à certaines utilisations, comme le remorquage, les routes de gravier ou la conduite hivernale.
Évidemment, ça ne veut pas dire qu’il faut ignorer l’efficacité. Au contraire, à mon sens il serait utile d’aider les consommateurs à mieux comparer les pneus. On pourrait imaginer, par exemple, un étiquetage plus clair, indiquant la résistance au roulement, l’adhérence sur chaussée mouillée, le bruit et la durabilité. Un système standardisé, presque comme un tableau de valeurs nutritives, pourrait aider le consommateur moyen à mieux choisir.
Ce que nous montre le programme californien, c’est que les pneus aussi deviennent de plus en plus des objets environnementaux. C’est probablement une bonne chose, mais même moi, plutôt écologiste dans l’âme, je dois faire face à la réalité. Le meilleur pneu ne sera jamais seulement celui qui roule avec le moins de résistance, mais celui qui trouve le bon équilibre entre durabilité, perfomance et économies.